Reprise d’entreprise : vivisection digitale de l’entreprise cible

Analyser la situation de l’entreprise au regard du digital lors d’un projet de reprise.

Ce billet s’adresse aux futurs repreneurs (nous parlerons aussi des cédants dans des prochains articles). Avant de plonger dans les différentes étapes (pré-LOI, post LOI et post reprise), nous souhaitons aborder ici la question de l’analyse d’une entreprise à reprendre sous l’angle « digital » (qui viendrait en complément des autres angles communément admis).

Les motivations à reprendre une entreprise sont variées mais tous les repreneurs passent par une étape d’analyse de l’entreprise cible (pré et post LOI) où tous les constituants de l’entreprise sont passés à la loupe (RH, production, finance, approvisionnement, commercial, etc.). L’objectif est d’établir une cartographie la plus précise possible de l’entreprise et de son passé. Vient ensuite très rapidement l’étape de projection qui peut se résumer très simplement par « Quel potentiel y vois-je ? Comment puis-je l’amener encore plus loin ? Le cas échéant, quelle synergie puis-je imaginer avec mon ou mes entreprises actuelles ?»

Vu le retard régulièrement relevé des PME françaises dans leur « digitalisation » (toujours pris au sens large), une analyse fine sous ce prisme précis est essentielle et peut permettre d’identifier des « perles d’amélioration » et de (très) belles pistes de croissance.
Le repreneur avisé aura donc tout intérêt à porter un regard précis sur tous les aspects digitalisation et à se poser les questions suivantes :

[1]

    • Quel est l’état de maturité digitale de l’entreprise convoitée ?

[2]

    Comment l’outillage informatique (pris au sens large et moderne) peut-il m’aider à imaginer le potentiel de développement et de croissance de ma cible pour ensuite, m’aider à atteindre les objectifs que je me suis fixé à court et moyen terme ?

1 – Maturité digitale de l’entreprise

Nous aborderons à nouveau ce sujet mais il s’agit en quelques mots de qualifier et quantifier la situation actuelle de l’entreprise au regard du numérique. Et ce, que ce soit dans les étapes pré- ou post-LOI de la reprise et lors des échanges avec le cédant (voire avec ses équipes dans le cas le plus « ouvert » – et cela existe parfois).
On pense naturellement à la partie visible de l’iceberg (le site internet, sa présence en ligne, sa notoriété, etc.). Il faut toutefois aller plus loin et creuser et analyser le niveau des compétences digitales internes (au sens large), les processus métiers, les outils, les interactions avec les clients, fournisseurs et partenaires, etc. Il est intéressant aussi d’analyser le secteur d’activité, voire de monter et descendre la chaine de valeur pour évaluer la percée du numérique en amont et aval et les tendances à venir.

2 – Le potentiel de développement par une digitalisation maîtrisée de l’entreprise

Un vaste sujet …mais en quelques mots, l’objectif ici est d’imaginer « l’apport du digital » dans le futur de l’entreprise. Deux cas extrêmes peuvent être imaginés :

Le changement dans la continuité

    • : je conserve mes processus actuels et y ajoute une touche de digital pour faire mieux, plus rapidement, moins cher, etc.

La révolution (de velours)

    • : je transforme en profondeur mes processus actuels et mon activité pour intégrer les pratiques et processus digitaux les plus en pointe.

 

    … + toutes les nuances intermédiaires

Sans plus de détails, voici quelques premières questions qui seraient pertinentes de se poser :

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    • Au sujet de l’expérience client (sujet très fortement abordé dans le monde du 100% digital et qui mériterait de l’être tout autant dans des secteurs plus traditionnels), de l’étape de prospection à celle de fidélisation : faut-il muscler la fonction commerciale en mettant en place un CRM complet ou alors uniquement un outil de gestion des demandes ? Un outil d’automatisation de la prise de contact ? De gestion de la relation clients ? De l’approche des prospects dans le dur ? Etc.

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    • L’entreprise connait-elle parfaitement ses clients ?

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    • L’entreprise aurait-elle un intérêt à développer sa notoriété ? (et si oui, comment utiliser le numérique à cette fin).

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    • Les processus clé de l’entreprise pourraient-ils bénéficier de telles ou telles fonctionnalités, outils, solutions apportées par les outils digitaux ?

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    • La relation avec les parties prenantes est-elle optimisée ? Les points de contact suffisant ?

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    • Y a-t-il des pertes de temps évidents et pouvant être comblées par une fonctionnalité informatique (en d’autres mots, des gains de productivité à faire) ou par une évolution des processus (du faire au faire-faire ou au faire-avec) ?

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    • Toute l’information à la réalisation quotidienne de l’activité est-elle fiable, facilement accessible et aisément mise à jour ?

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    • Quid des données collectées par l’entreprise : une valorisation est-elle possible ?

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    • La « fonctionnalisation » de tel ou tel produit ou service est-elle envisageable ?

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    • Le recrutement est-il un sujet ? La fréquence, le vivier, la qualité des CV reçus ?

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    Etc.

Tout dépend de la situation de l’entreprise reprise. Mais ce « regard digital de la transmission d’entreprise » est aujourd’hui essentiel et complémentaire à toute analyse « classique » (les chiffres, les processus, les outils, les hommes et femmes, les risques, etc.). Et bien souvent porteur de bonnes surprises…

Si vous avez un projet de reprise ou de transmission d’entreprise et souhaitez creuser le sujet évoqué ici, n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes friands de tout échange ouvert sur le sujet.

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